"Finalement, C'est quoi un canton ?"
Stefanie Salzmann, rita elhajj, Andrea Cindy Raemy, Teo Petruzzi, Namsa Leuba et Noémi Pfister
Dans ce deuxième chapitre de Finalement, c’est quoi un canton ?, les drapeaux ne représentent
plus un territoire administratif, mais une série de positions (sensibles, politiques, matérielles) qui
interrogent ce que signifie appartenir à un lieu aujourd’hui. Sur le toit de Zabriskie, les formes humaines
se multiplient : le visage révolutionnaire imaginé par Teo Petruzzi, pris entre mythe helvétique
et iconographie marxiste ; les deux corps enlacés de Noemi Pfister, portés par une aspiration à
la douceur face à un climat mondial violent ; et la silhouette articulée d’Andrea Cindy Raemy, qui
traverse les toits et cherche d’autres manières d’habiter la ville. À leurs côtés, le message direct,
à bas l’impérialisme de rita elhajj, et les compositions abstraites de Namsa Leuba et de Stefanie
Salzmann déplacent les codes du drapeau : mécanismes horlogers, fibres de laine, couleurs et
pigments y deviennent des marqueurs ouverts, en circulation, loin de toute identité figée.
Ensemble, ces drapeaux forment un territoire temporaire, poreux, où rien ne tient : ni les identités,
ni les frontières, ni les récits nationaux. Tou·x·te·s semblent animé·x·e·s par un même mouvement,
se hisser au-dessus du sol et du bruit, habité·x·e·s par des silhouettes qui persistent à se tendre la
main, à résister, à se transformer.